Un partenaire-clef pour les économies d’énergies ?
La Belgique dialogue avec l'Europe sur la manière de réduire les émissions de CO2 de 15% d'ici 2020 et sur l’augmentation des énergies renouvelables de 13 %. En Wallonie, la diminution des gaz à effet de serre sera de 14,7%, contre 8,8% pour Bruxelles et 15,7% pour la Flandre. Les présence des énergies renouvelables est quant à elle chiffrée à 11,5 % en Wallonie, 10% en Flandre et 3,5 % à Bruxelles (Chiffres comparés à 2005). Moins médiatisée, la feuille de route énergétique de l'UE pour 2050, par laquelle l'UE cherche à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80-95% en dessous des niveaux de 1990 d'ici à 2050. Une promesse du politique est de tout mettre en œuvre pour nous encourager à réduire nos émissions et à améliorer nos consommations.
Le service technique au travail
Un service technique ne peut pas se permettre de rester spectateur de ces changements. En plus de la fiabilité technique des équipements, la performance énergétique de ceux-ci sera le deuxième facteur important sur lequel il faudra travailler. La question est "comment?". Pour commencer, il faut regarder de plus près la maintenance de base. Et plus précisément, la lubrification et la précision de l’alignement. Les soucis de lubrification, les défauts d’alignement ou encore les déséquilibres se trouvent à la base de nombreuses pannes mais aussi….de pertes énergétiques inutiles. L'application des meilleures pratiques dans ce domaine n’économise pas seulement du temps et de l'argent, elle permet aussi d’économiser de l'énergie.
En outre, je serais prêt à miser sur la détection des fuites comme dans les conduites d'air comprimé et de vapeur. Nous sommes souvent approchés par des responsables qui se plaignent de ne pas pouvoir investir suffisamment dans cette chasse aux pertes & fuites. Nous indiquons souvent comme piste l’achat d’un dispositif multifonctionnel de détection de fuites par ultrasons. Ce genre d’investissement vous garantit un retour sur investissement très rapide et qui va pouvoir être utilisé pendant de nombreuses années.
Troisièmement, vous pouvez opter, lors du remplacement de composants, pour des alternatives moins énergivores. Un grand classique est désormais l'éclairage LED par exemple, mais il existe aussi des moteurs électriques avec une meilleure efficacité énergétique. Cependant, voici une mise en garde importante: de nombreux moteurs fonctionnent à une charge partielle de 50% à 25%, et ce en combinaison avec une fréquence d'entraînement elle aussi plus lente. Des moteurs avec une plus grande efficacité énergétique sont souvent sujets à une telle configuration, et consomment en charge partielle à des vitesses inférieures plus d'énergie qu'un moteur «traditionnel». Le remplacement aveugle de moteurs avec la variante d'énergie inférieure peut donc entraîner potentiellement une consommation d'énergie plus élevée. Restez attentifs !
Question culturelle
De nombreuses entreprises et organisations ont déjà mis en œuvre une série de mesures techniques d'économie d'énergie. Il reste généralement encore un potentiel considérable, mais cette approche est techniquement plus drastique et coûteuse. Heureusement, il y a aussi d’autres économies potentielles sous-exploitées: le comportement des employés. Des entreprises pionnières tentent dans cette démarche non seulement de mettre en œuvre des économies d’énergie purement technique, mais travaillent également sur la sensibilisation et l'engagement des employés afin de parvenir à une véritable «culture de l'énergie», par analogie avec la «culture de la sécurité». L'objectif est un objectif constant pour toutes les améliorations possibles à la performance énergétique des processus.
La raison pour laquelle il existe encore un potentiel, c’est le constat selon lequel il y a de grandes variations dans l'énergie nécessaire pour atteindre un volume de production donné. Grâce à une meilleure compréhension de l'impact de la production sur la consommation d'énergie, ceci à travers une adaptation progressive et continue, de meilleures (voire de nombreuses) économies d’énergie sont au bout du chemin.
Conclusion
Les économies d’énergies deviennent de plus en plus prédominantes dans le monde actuel et le deviendront à coup sûr dans le futur. En tant que service technique, il est indispensable de prendre part au débat, de manière active et participative. Il est donc temps, si ce n’est pas encore le cas, d’ouvrir « la chasse aux énergies ».
Vignette EMAB
Les responsables de maintenance et gestionnaires d’actifs ou d’infrastructures portent régulièrement la casquette de gestionnaire énergie. Grâce à leur bagage technique, ils ont donc pour rôle de rationaliser les consommations d’énergies au sein de leurs entreprises. C’est pourquoi la BEMAS, avec notamment le soutien de l’IFMA, intègre désormais l’EMAB. L’Energy Managers Association of Belgium est une plateforme d’échange et de partage d’expériences pour les industries, le secteur tertiaire et les autorités. Plus d’infos en Wallonie via François Mareschal ou sur http://www.bemas.org/fr/EMAB.
Wim Vancauwenberghe