Troubles dans les tunnels Bruxellois

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Suite à des chutes de gravats en béton, les tunnels Pacheco et Leopold II furent momentanément fermés, et le tunnel Stéphanie le restera pendant minimum un an. De plus, des travaux de maintenance sont nécessaire pour les tunnels Montgomery, Georges-Henri, Trône, Tervuren et le complexe Reyers.

Les causes de ce malaise? Des infiltrations d’eau dues à la pollution et à des réactions chimiques, ajoutés à une mauvaise qualité du béton. Connus depuis des années, ces problèmes (de maintenance) n’ont malheureusement pas pu être résolus, notamment à cause d’un manque de personnel et d’ingénieurs pour les inspections. De leurs propres aveux, les fonctionnaires compétents ont tiré la sonnette d’alarme, sans être écoutés par les politiques. Les budgets furent sans doute affectés en priorité aux transports en communs et pistes cyclables.

Les conséquences? Des responsables pointés du doigt, mais surtout une facture s’élevant à plus d’un milliard d’euros pour réparer ces tunnels. Depuis peu, un commission spéciale a été mise sur pieds pour clarifier le dossier, mais les premières conclusions montrent que les coûts, l’impact sur la circulation et la visibilité sur les travaux de maintenance furent des obstacles pour une maintenance préventive approfondie des tunnels de la capitale.

 

Souris ?

L’information selon laquelle les archives incluant les plans des tunnels ont été mangés par des souris fut juste une image utilisée par Christian Debuysscher (ancien directeur de Bruxelles Mobilité) afin d’expliquer que les manques de moyens ont déclenchés l’utilisation de ressources inhabituelles. Malheureusement, l’image a été relayée dans la presse mondiale sans que celle-ci ne relaye ensuite l’absurdité Belgo-Belge de ces propos.

En réalité, les documents furent stockés dès 1990 dans un local de Meiser, pas officiellement destiné à cet usage, et non parmi la vermine abritée dans les piliers d’un pont. En 2013, ils sont (enfin) presque tous déménagés dans un local d’archive sous la gare du nord. Sous cette couverture médiatique, notre gouvernement ne fait pas exception à la règle et il y a ainsi des milliers de récits venant de l’étranger où des documents et archives ne sont pas stockés dans les règles de l’art.

 

Et qu'en est-il dans votre entreprise?

De cette saga des tunnels, l’industrie (de maintenance) peut, elle aussi, tirer des leçons. Par exemple, de l’importance des dossiers de construction ou de la documentation technique mise à jour, et même sur l’importance de la rédaction de rapports complets suite à des interventions de maintenance. La disponibilité d’une telle source d’informations est cruciale afin de décider de manière juste et efficiente de la conduite de (futures) interventions de maintenance.

Est-ce sûr et certain que les archives techniques de nos entreprises sont « solides » et que l’industrie fait automatiquement mieux que les autorités ou le gouvernement ? Je ne le pense pas ! Cela n’arrive-t-il pas souvent qu’il soit considéré comme « trop cher » de faire migrer les anciennes données lors de l’acquisition d’un tout nouveau système EAM ou d’une GMAO ? L’ancien outil est alors maintenu en vie un moment, mais il est vite considéré comme inutilisé ou inutile et finit au placard voire pire encore…

En outre, la documentation technique souffre souvent d’un vieillissement rapide. Au cours d’une étude menée auprès de 300 techniciens de maintenance, il est apparu que dans un quart des cas, suite à un manque de temps, la documentation technique n’était pas remise à jour après une intervention de maintenance.

Et qu’un est-il dans votre entreprise? Connaissez-vous aussi (un peu) le problème des souris ?

 

 

Wim Vancauwenberghe
Directeur BEMAS
wvc@bemas.org

 

 

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