To shut down or not to shut down, that's the question !
4 millions d'entrepreneurs ont également été touchés. Le Congressional Budget Office a estimé que la fermeture de 35 jours a coûté à l'économie américaine une somme astronomique de 11 milliards de dollars.
Dans notre monde industriel, nous avons également des shutdowns (grands-arrêts). Alors que pour une entreprise, le terme "Shutdown" fait référence à la phase de l’arrêt de production, pour une autre entreprise, le terme "Shutdown" est synonyme de l'ensemble du processus d’arrêt, en ce compris la préparation et la gestion postérieure. Contrairement aux événements des agences gouvernementales américaines, dans l'industrie, un shutdown ou grand-arrêt est indispensable à la pérennité de l'entreprise. De nombreuses tâches essentielles d'inspection, de réparation et de maintenance ne peuvent être effectuées que lorsque l'installation est à l'arrêt et a été mise hors service en toute sécurité. Dans 9 cas sur 10, les projets d'expansion nécessitent également un arrêt de la production.
Comme dans le cas du Shutdown American, l'impact économique d'un grand-arrêt ne peut être sous-estimé. Des études démontrent que des grands-arrêts consomment 2 à 5 % de la capacité de production théoriquement disponible. Dans l'industrie chimique, le budget des arrêts réprésente 30 à 50% du budget total de maintenance. Mais ce n'est pas tout. Les arrêts - du fait qu'il n'y a pas de production - ont un impact majeur sur la chaîne d'approvisionnement des produits fabriqués et donc aussi sur les prix du marché. Par exemple, au début de 2018 les prix sur le marché européen du MMA (méthacrylate de méthyle) étaient historiquement élevés en raison d'une combinaison d'arrêts prévus et non prévus sur plusieurs sites de production. Les coûts d'un arrêt de production au-delà de la date limite augmentent considérablement. Ceci n'est pas seulement dû aux coûts supplémentaires pour les travaux en retard, mais aux pertes de production et de réputation supplémentaires et à la perte éventuelle de clients si la fiabilité de la livraison est compromise.
Mais il n'est pas nécessaire d'en arriver là. Un champs d’applications bien défini, une préparation en temps opportun et des accords clairs avec les entrepreneurs vous aideront beaucoup dans votre projet d’arrêt. Il y a aussi beaucoup d'outils intelligents pour faire en sorte qu'un arrêt s’effectue efficacement et dans les délais prévus. Par exemple, une mesure du ‘hands on tool time’ peut aider à réduire les temps d'attente inutiles. L'installation centralisée de l'éclairage, de l'air et de l'alimentation électrique permet de réduire les coûts et d'augmenter la sécurité. Des capteurs intelligents IoT avec fonction de suivi et de traçabilité peuvent aider à surveiller la progression de la réparation et de la révision des composants critiques.
Cependant, le facteur de succès le plus important pour un arrêt réussi est la qualité et l'exhaustivité de la préparation. Et bien qu'un arrêt insuffisamment organisé réussisse quand même à exécuter 90 % des travaux à temps (mais avec plus de difficulté), les 10 % restant entraîneront des retards, un risque accru d'incidents de sécurité et un dépassement de budget.
D'où l'importance vitale que la préparation de l'arrêt se fasse à temps et de façon adéquate. L'investissement d'une semaine supplémentaire de préparation et de planification par l'organisation d'arrêt compense largement le coût d'une journée supplémentaire de temps d'arrêt et de production manquée. L'investissement dans l'attention portée à la qualité du travail effectué a également des retombées intéressantes grâce à l’augmentation de la disponibilité et à la capacité des équipements de production une fois qu'ils sont remis en service.
Mais ce n'est pas tout. Avez-vous déjà contesté l'étendue des travaux et vérifié si tous les travaux de l'arrêt sont vraiment nécessaires ? Et avez-vous déjà pensé aux possibilités d'augmenter l'intervalle entre deux arrêts ? Pourriez-vous même être capable de sauter complètement certains arrêts 'traditionnels' ? ‘To shutdown or not to shutdown', ça vaut vraiment la peine d'y réfléchir...
Wim Van Cauwenberghe