Collaborateurs 4.0
Face aux développements rapides des diverses technologies qui en résultent, les industries, les pôles de compétences, centres de formations, institutions, etc. abordent les facteurs humains sous différents angles.
Les humains sont impliqués partout : en tant qu'équipe de concepteurs de systèmes, en tant que groupes de travailleurs et dans notre société en tant que clients des produits manufacturés.
Étant donné que les systèmes de production impliqueront des niveaux croissants d'automatisation, d'informatique, de robotique, de capteurs, d'appareils mobiles et de plus en plus complexe, il est important de se rappeler que les compétences humaines resteront essentielles pour de nombreuses tâches, ce qui rend le mariage entre les humains et les machines essentiel au succès.
Dans des domaines comme la médecine et l'aviation, où les erreurs peuvent avoir des conséquences majeures, la sécurité est une des principales raisons d'incorporer les facteurs humains. Dans des secteurs hautement concurrentiels comme les communications et la technologie informatique, les chefs d'entreprise accordent une grande importance aux innovations qui donneront un avantage sur le marché.
Les grands fabricants, tels que les constructeurs automobiles, veulent savoir comment économiser des étapes et réduire les coûts de production.
L'armée, quant à elle, veut savoir comment former efficacement un grand nombre de personnes à faire fonctionner des équipements complexes. Les scientifiques, managers, ingénieurs et autres personnes qui travaillent à intégrer efficacement les facteurs humains dans leurs organisations, doivent comprendre et répondre aux différents intérêts.
Parmi ces secteurs, les facteurs humains jouent donc un rôle essentiel dans l’avenir de la fabrication où les personnes et la technologie sont intégrées plus étroitement et plus intensément que jamais.
Des cadres de six domaines, aviation, informatique et communications, automobile, électronique, assurance et recherche et développement militaire, ont été réunis pour discuter de leurs expériences et pour définir les besoins actuels des industries. Cette rencontre a permis de mettre en évidence ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans ces diverses industries.
Bien que certains défis soient similaires dans toutes les industries (comme les gestionnaires qui préfèrent ne pas se soucier des facteurs humains jusqu'à ce qu'un accident grave se produise), les cadres avaient des perspectives conjointes qui illustraient les diverses situations résumées ci-dessous :
- Changer la culture de la sécurité avec l’aide d’outils de surveillance et d’anticipation plus performants pour anticiper et agir de manière efficace
- Les bonnes tâches aux bonnes personnes : formations et/ou outils de perfectionnement aux bons profils.
- Préserver ses collaborateurs particulièrement les managers face à l’épuisement, la surcharge de travail voire le burnout de plus en plus fréquent et autres troubles lié aux conditions de travail
- Augmenter la productivité en se focalisant sur la performance des collaborateurs
- Avoir un travail de qualité et efficace au quotidien
- Saisir des opportunités uniques et obtenir des concepts innovants
- Sensibiliser au développement durable et l’économie circulaire
Aucun cadre ne se retrouve parmi ces points révélant des situations particulières déjà vécues. Les Points 2 à 5 interagissent ensemble. Le point 1 peut être une conséquence d’un manque de rigueur ou simplement une conséquence des points 2/3/5 cités.
Un modèle de causalité-accident appelé le « Swiss cheese model » de James Reason, émet l’hypothèse que la plupart des accidents peuvent être attribués à un ou plusieurs des quatre domaines d'échec : les influences organisationnelles, la supervision, les conditions préalables et les actes. Les conditions préalables pour les actes dangereux comprennent la fatigue ou des pratiques de communication inappropriées.
Pérenniser les industries c’est avant tout pérenniser ses collaborateurs.
La pérennité passe par un apport de connaissance ciblé en fonction de chaque profil avec l’aide d’une politique RH adapté et durable sans oublier une politique proactive de prévention et bien-être au travail.
L’apport de connaissance ne cesse d’évoluer et devient plus que jamais une préoccupation mondiale.
Selon un rapport de l’Institut pour le Futur, 85% des emplois de 2030 n'existent pas encore aujourd'hui. Dans quelques années le rythme des changements sera devenu si rapide que la population active sera forcée d’apprendre de nouvelles compétences sur le moment, pour une utilisation immédiate. La capacité à acquérir de nouvelles connaissances semble alors plus que jamais précieuse que la connaissance elle-même importante comme base malgré tout.
Bien que le terme industrie 4.0 soit de nos jours à la mode, l’éducation et les besoins en perfectionnement et formation évoluent également, pour se placer en 4.0 avec les aspects liés au développement durable et l’économie circulaire compte-tenu des limites planétaires.
Samira Ben Ali
Maintenance Manager, Stella Lanolines